AI zonder review

Het Tudor Pro Cycling Team (PRT) lijkt volgens een website enkele nieuwe leden te tellen, het gevolg van een AI-vertaling zonder controle. Om dat soort vergissingen te vermijden is er AI review nodig: iemand moet de vertaling nakijken.

Dat is op zich niets nieuws. Tot nu toe noemden we AI review gewoon MTPE: machine translation, post-editing. Machine translation of machinevertaling is de term die in de vertaalsector wordt gebruikt voor automatisch vertalen, een techniek die zich al meer dan tien jaar geleidelijk ontwikkelt, en net als AI steunt op enorme voorraden tekst.

In het geval van MT worden echter geen willekeurige bronnen gebruikt, maar vertalingen die al werden gemaakt voor een bepaalde klant. De nauwkeurigheid is dan ook groter dan als met gewone AI, zoals ChatGPT of Clause, wordt gewerkt, omdat alles op de eindklant is gericht. Die MT wordt geleidelijk ook bijgewerkt door intelligentere softwareroutines in te voeren. MT is dus niet vertalen met AI avant la lettre, maar de echte vorm van vertalen met AI.

Die jarenlange ervaring met MT heeft snel doen inzien dat nakijken door een menselijke vertaler, post-editing, onontbeerlijk is. En dat is precies de fout die velen maken als het om AI zelf gaat: ze gooien een tekst in een gratis tool die ze op internet hebben gevonden, of ze nemen de goedkoopste versie van een of andere aanbieder die beweert alles met AI te kunnen klaarspelen, en het nakijken laten ze achterwege. Het wordt AI zonder review.

Het resultaat wordt dan iets zoals op de foto: Michael Storer wordt Michael Magazijnmedewerker, Will Barta wordt Zal Barta, Florian Stork wordt Florian Ooievaar (note bene een Duitser) en Larry Warbasse wordt zelfs Larry Oorlogslager.

Wie ons niet gelooft, kan hier een kijkje nemen op de site van het team.

Pourquoi je ne comprends pas l’engouement actuel autour de la traduction avec l’IA

L’intelligence artificielle (IA) n’a rien de nouveau en matière de traduction.

Le secteur de la traduction a toujours été l’un de premiers à intégrer la technologie de l’information et de la communication (ICT), parce que traduire c’est communiquer. Les traducteurs ont aussi été les premiers à utiliser les télécopieurs à grande échelle. Nous avons également été les premiers à utiliser des PC, même si c’était uniquement pour que le travail final soit propre. Et nous avons aussi été les premiers à utiliser des PC pour installer des bases de données, ainsi que pour automatiser les dictionnaires et le contrôle de l’orthographe.

L’un des premiers avantages qui m’a séduit dans la traduction assistée par ordinateur était la possibilité de conserver la mise en page du document original. Fini le temps des feuilles de papier avec des blocs de texte numérotés pour établir le lien avec le texte source. Le client recevait enfin un document traduit sans risque de confusion et qu’il pouvait facilement intégrer dans sa chaîne de production.

Lorsque la mémoire des ordinateurs est devenue suffisamment importante et rapide pour stocker le texte source et le texte cible des traductions, nous avons pu récolter les fruits de notre travail antérieur en automatisant ce que nous faisions depuis des décennies : baser les traductions de documents modifiés sur celles des versions précédentes. Mais cette fois, nous n’avions plus à passer au crible et à retaper des piles de textes. L’ordinateur faisait cette partie du travail pour nous, et nous pouvions nous concentrer sur les parties nouvelles et modifiées afin de livrer plus rapidement un meilleur résultat.

La dernière évolution a été l’introduction de la traduction assistée par ordinateur (TAO, ou CAT pour computer aided translation en anglais). Une fois ces logiciels adoptés, la mise en place de règles programmées pour comparer le texte source avec différents types de textes cibles, permettant ainsi au programme de nous aider à adapter le texte cible, n’a plus été qu’une question de temps.

Il en a inévitablement découlé l’introduction d’une intelligence accrue dans ces logiciels, ce qui a finalement donné naissance à ce que nous appelons la traduction automatique (TA, ou MT pour machine translation).

C’est pourquoi je ne comprends pas l’engouement actuel autour de la traduction avec l’IA. En réalité, la TA EST de la traduction avec l’IA. Bien souvent, les systèmes de TA n’utilisent pas la TAO traditionnelle comme base, mais la TAO classique intègre généralement des éléments de TA afin d’utiliser la traduction automatique pour préparer le travail final du traducteur, accélérer le processus et éviter les erreurs des systèmes purement automatisés.

La TA ne fonctionne pas sans la post-édition de traduction automatique (MTPE, machine translation post-editing). Le traducteur révise et édite le texte après la traduction automatique. C’est également ainsi que fonctionne la traduction avec l’IA. La seule différence entre la traduction avec l’IA et la MTPE est terminologique : ce sont deux expressions différentes pour désigner la même chose. C’est pourquoi l’énorme battage médiatique autour de l’IA dans la traduction n’est rien de plus qu’un changement de terminologie, parfois accompagné d’un changement de fournisseur : certains affirment utiliser l’IA pour attirer des clients, mais en réalité, ils font exactement ce que le secteur de la traduction fait depuis au moins dix ans.

Le terme  « IA » pour la traduction relève davantage du marketing et du window dressing que d’une nouvelle méthode de travail plus avancée.

Peter Motte